© RMN-Grand Palais / Michel Urtado

Juillet 2016

Acquisition d'un tableau reliquaire

Le musée de Cluny a acquis en février dernier un tableau-reliquaire d'une qualité exceptionnelle lors d'une vente publique à Alençon.

Jusque-là en mains privées, le tableau-reliquaire a été préempté lors de sa mise en vente aux enchères publiques le 6 février 2016 à Alençon puis officiellement acquis par un arrêté du 22 février 2016. Son acquisition a notamment été rendue possible par le soutien des Amis du musée de Cluny. Cet objet de dévotion est exceptionnel par ses dimensions (17,5 x 12,8 cm), la qualité de son exécution, sa typologie et son iconographie, qui associe Crucifixion, Arma Christi et Eucharistie. Si la subtile figure du Christ rappelle celles de Jean Pucelle et évoque le milieu parisien, la maîtrise de la basse-taille et les motifs végétaux incisés sous l’émail bleu suggèrent une datation vers le milieu du XIVe siècle. Il est désormais exposé dans la salle du Trésor.


 

Juillet 2016

Sélection 2016 du Prix de la Dame à la licorne

Décerné chaque année depuis 2007, le prix de La Dame à la licorne-Amis du musée de Cluny sera remis le 28 septembre prochain. Quatre ouvrages sont en lice :

· Christiane KLAPISCH-ZUBER, Le voleur de paradis. Le bon larron dans l’art et la société (XIVe-XVIe siècles), Alma Éditeur, 2015

· Élodie LECUPPRE-DESJARDIN, Le royaume inachevé des ducs de Bourgogne (XIVe-XVe siècles), Belin, collection Histoire, 2016

· Florian MEUNIER, Martin et Pierre Chambiges. Architectes des cathédrales flamboyantes, Picard, 2015

· Jean-Claude SCHMITT, Les rythmes au Moyen Âge, Gallimard, collection Bibliothèque des Histoires, Série illustrée, 2016.

Le lauréat est désigné par un jury, composé cette année de Christian Giacomotto (président), Jacqueline Cerquiglini-Toulet, Étienne Eisenmann, Jean-Marie Guillouët, Henrique Leone, Olivier Matteoni, Patricia Stirnemann, Catherine Vincent et Sophie Guillot de Suduiraut (lauréate 2015).


 

Juin 2016

Assemblée générale du 15 juin 2016

L'Assemblée générale de la Société des Amis du musée de Cluny s'est tenue le 15 juin dernier au sein du musée Cluny.

Parmi les évolutions notables pour la vie de l'association, l'élection d'un nouveau membre au Conseil d'administration, Éric Bussy, désormais trésorier, ainsi que des niveaux de cotisation relevés et de nouvelles formules d'adhésion. L'intégralité du PV de l'Assemblée générale est en ligne.

Le consulter  > > >


 

Octobre 2015

Prix de La Dame à la licorne :
Dévotion et séduction, sculptures souabes…

Sophie Guillot de Suduiraut est la lauréate 2015 du prix de La Dame à la licorne, attribué par les Amis du musée de Cluny, pour son ouvrage Dévotion et séduction. Sculptures souabes des musées de France (vers 1460-1530), coédité par le musée du Louvre et Somogy éditions d’Art.

Remis le 14 octobre au musée de Cluny, le prix récompense cette année un ambitieux catalogue qui analyse cinquante sculptures, caractéristiques de l’art qui s’épanouit en Souabe, dans le sud de l’Empire germanique, à la fin du Moyen Age. Cette production remarquable se reconnaît à sa grâce paisible, sa sensibilité délicate et sa douce familiarité, servies par un travail virtuose du bois sculpté en harmonie avec les effets précieux de la couleur. Trois chapitres fournis présentent la Souabe, ses centres de production et ses sculpteurs, les techniques de taille et de polychromie, enfin la fonction religieuse de l’image sculptée, dont la floraison locale s’éteignit avec la Réforme.

Ce corpus très illustré est le fruit de toute une vie de recherche. L’auteur, conservatrice honoraire au département des Sculptures du musée du Louvre, n’a cessé d’explorer les réserves de nombreux musées, dans le domaine qui était le sien, celui des collections médiévales de l’Allemagne et des anciens Pays-Bas. Les pièces étudiées, issues pour la plupart de retables démembrés, sont conservées dans vingt musées de France - Cluny en compte quatre - et leur rassemblement exerce toujours une puissante séduction.

Pour feuilleter en ligne > > >


 

 

Septembre 2015

La sélection 2015 du prix de
La Dame à la licorne

Décerné chaque année depuis 2007, le prix de La Dame à la licorne-Amis du musée de Cluny sera remis le 14 octobre 2015. Cinq ouvrages sont en lice :

· L’honneur des universitaires au Moyen Âge, d’Antoine Destemberg (PUF) ;
· Les cryptes en France. Pour une approche archéologique (IVe-XIIe siècles), de Christian Sapin (Picard) ;
· François Villon. Œuvres complètes, dirigé par Jacqueline Cerquiglini-Toulet (Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade) ;
· Du poil et de la bête. Iconographie du corps sauvage en Occident à la fin du Moyen Âge (XIIIe-XVIe siècle), de Florent Pouvreau (CTHS) ;
· Dévotion et séduction. Sculptures souabes des musées de France (vers 1460-1530), de Sophie Guillot de Suduiraut (coédition musée du Louvre - Somogy éditions d’Art).

Le lauréat est désigné par un jury, composé cette année de Christian Giacomotto (président), Béatrice de Chancel-Bardelot, Etienne Eisenmann, Murielle Gaude-Ferragu (lauréate 2014) et Claude Gauvard.


 

© Auctioneve
 

Juin 2015

Deux sceaux : miséricorde et commerce

Lors de la dispersion d'une importante collection à Drouot, le 24 juin, les Amis du musée ont pu emporter deux matrices de sceaux, en alliage cuivreux, signalées par les conservateurs.

L'une atteste de l'indulgence acquise pour les dons en faveur du rachat de captifs, auquel se consacrait l’ordre de la Sainte-Trinité. Circulaire, elle est marquée d’un Christ crucifié, entouré notamment de la croix de l’ordre des Trinitaires et de l’écu pontifical de Pie II, pape de 1458 à 1464, ce qui la date précisément.

L’autre est celle d’un marchand de laine ou de drap, des Flandres ou d’Artois, Clarbaut-Willemin. En amande, son champ est occupé de ciseaux de tailleur. Fin XVe ? début XVIe ?

Ces deux pièces témoignent d’aspects contrastés de la vie à la fin du Moyen Âge : œuvres de miséricorde, d’une part, importance croissante de la classe marchande et productrice, d’autre part.


 

© Primardeco
 

Avril 2015

Acquisition d'une dague à rognons

Les Amis du musée ont pu acquérir, le 29 avril en vente publique à Toulouse, une dague datée du XVe siècle, d’un type particulier, dit "à rognons" ou "à couillettes", caractérisé par deux excroissances sphériques au-dessus de la garde. Apparu au XIVe siècle, ce modèle a rencontré un grand succès dans toute l’Europe du centre et du nord au XVe siècle.

L’objet, en fer et bois, long de 39 cm, a rejoint dans les collections une dague "à rouelles", autre type largement diffusé à l’époque. À voir en salle 23.


 

 
Rue Du Sommerard, en 2017
© Bernard Desmoulin architectures

Février 2015

Une salle d’histoire pour éclairer la visite

Il faut 150 000 € pour ouvrir une salle d’histoire du musée et des collections à l’horizon 2017. Les Amis du musée en ont déjà réuni 112 000. La souscription continue...

Le musée de Cluny est désormais engagé dans un grand projet d’extension-rénovation, dit Cluny IV, qui prévoit à la fois la construction d’un nouveau bâtiment d’accueil, la restauration des monuments historiques insignes où il est installé et le redéploiement muséographique des collections.

Dans ce dernier volet, la société des Amis du musée de Cluny a décidé de patronner la création d’une nouvelle salle consacrée à l’histoire du musée – ouvert en 1843, déjà 172 ans ! – et des collections – presque 24 000 objets inscrits à l’inventaire.

Pour compléter un don de 100 000 € prélevé sur ses fonds propres, la société a besoin de 50 000 €, qu’elle collecte auprès du public. Une souscription est donc ouverte, avec 12 000 € déjà recueillis les premiers mois.

Les contributions bénéficient de la déduction fiscale pour les dons aux associations (66 % pour les particuliers, 60 % pour les entreprises). Elles sont aussi dopées par un généreux mécène franco-américain, qui les majore systématiquement de 50 %.

Un don de 300 € coûte donc réellement 100 € au contribuable et se transforme en dotation de 450 € pour le musée. Stimulant !

Bon de souscription


 

Novembre 2014

Une nouvelle présidence pour les Amis

Martine Tridde-Mazloum a été élue présidente des Amis du musée de Cluny. Christian Giacomotto laisse une association en bonne santé.

Lors de l’assemblée générale du 9 octobre 2014, Christian Giacomotto a confirmé son souhait de passer le relais après quinze années de présidence de la société des Amis du musée de Cluny.

Pierre Maréchal, vice-président des Amis, a dressé le bilan de ces mandats successifs, marqués par un développement notable du nombre d’adhérents (458 en 1999, 802 au 1er janvier 2014) et une situation financière très saine. Pour sa part, Christian Giacomotto a souligné le rôle essentiel des bénévoles permettant à l’association de consacrer l’essentiel de ses ressources à sa mission première : le soutien au musée de Cluny. Il s’est particulièrement réjoui de l’entrée dans les collections du musée de vingt-cinq œuvres nouvelles offertes par l’association sous sa présidence et des mécénats suscités pour l’acquisition de "trésors nationaux".

Au cours du conseil d’administration qui a suivi, le 5 novembre, les administrateurs ont élu à la présidence de l’association Martine Tridde-Mazloum, qui avait déjà siégé au conseil de 1996 à 2001 et y était revenue en 2013 comme vice-présidente. Ils ont également nommé Christian Giacomotto président d’honneur.

En tant que déléguée générale de la Fondation BNP-Paribas et responsable du mécénat de ce groupe bancaire, exercé dans les domaines de la culture, de la solidarité et de l’environnement, Martine Tridde-Mazloum a notamment développé des programmes en faveur de la connaissance et de la valorisation du patrimoine des musées, avec une attention particulière portée à l’élargissement de leurs publics.


 

 
Edmond Du Sommerard,
premier conservateur du musée (1843-1885)
et son véritable créateur.
 

Octobre 2014

Apportez votre pierre à Cluny IV

La société des Amis du musée de Cluny propose à tous ses membres de contribuer personnellement au projet de rénovation Cluny IV.

Il s’agit, en l’occurrence, d’aider à la création d’une salle d’histoire du musée et de ses collections, dont le coût est estimé à 150 000 €. La société des Amis a décidé de mettre 100 000 € au pot. Reste à trouver 50 000 €... Petites et grandes contributions sont les bienvenues.

Ce projet s’inscrit dans le plan global d’extension et de rénovation du musée, baptisé "Cluny IV", à boucler d’ici à 2017. L’État prend sa part des travaux, mais un complément de financement de 4 millions d’euros est à trouver auprès du public et des entreprises.

Détails, plans et photos du projet Cluny IV figurent dans le n° 22 de Millefleurs.

Bon de souscription


 

 
© Bernard Desmoulin architectures

Juillet 2014

Bernard Desmoulin va construire le nouvel espace d’accueil du musée de Cluny

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, a annoncé, le 9 juillet, le choix de l’architecte Bernard Desmoulin pour la création d’un nouveau bâtiment au musée de Cluny et le réaménagement des espaces contigus. Les locaux créés sur la terrasse Boeswillwald qui longe la rue Du Sommerard seront voués à l’accueil du public et à la régie des œuvres. L’implantation d’un ascenseur permettra aussi de rendre une grande partie du musée accessible aux personnes à mobilité réduite. Ouverture prévue : 2017.

Cinq équipes avaient été admises à concourir en mars. Le jury, réuni le 8 juillet 2014 sous la présidence du directeur général des Patrimoines, Vincent Berjot, a classé en premier le projet lauréat pour ses qualités architecturales et urbaines : dialogue avec les bâtiments patrimoniaux du musée, réponse aux besoins exprimés, visibilité et intégration du site dans l'espace environnant.

Grand prix de Rome en 1984-1985, Équerre d’argent en 2009, Bernard Desmoulin, 61 ans, a beaucoup travaillé dans le domaine de la Culture. Parmi ses terrains d’intervention récents, citons l’abbaye de Cluny en Bourgogne, le Grand Commun du château de Versailles, le musée de Sarrebourg, deux étages du musée des Arts décoratifs, le conservatoire de Clichy-la-Garenne ou encore le centre d’Art contemporain de Montreuil. Le lauréat est aussi enseignant à l’École d’architecture Paris-Val-de-Seine.


 

Juin 2014

Murielle Gaude-Ferragu lauréate du prix de la Dame à la licorne

Pour son édition 2014, le prix de la Dame à la licorne distingue La Reine au Moyen Âge. Le pouvoir au féminin, XIVe-XVe siècle, de l’historienne Murielle Gaude-Ferragu.

Publié aux éditions Tallandier, l’ouvrage dresse un portrait collectif des reines de la fin du Moyen Âge, parmi lesquelles, d’ordinaire, seules Isabeau de Bavière et Anne de Bretagne émergent de l’oubli, et pas forcément à juste titre.

Les femmes sont exclues de la succession royale lors des crises dynastiques de 1316 et 1328. En France, la reine ne sera jamais que "l’épouse du roi", elle n’est pas associée à son gouvernement, ou rarement, en tant que régente bien encadrée par un conseil. Elle a néanmoins un rôle à jouer, et pas seulement lorsqu’elle accomplit son premier devoir : donner un héritier mâle au royaume.

L’auteur montre comment elle participe de la majesté royale : couronnée lors du sacre, exposée lors des "grandes entrées" en ville inaugurées en 1389, elle est aussi désormais enterrée à Saint-Denis au côté du roi. Censée être un modèle de vertu, de piété, de charité, elle est "reine des pauvres" en même temps que "reine de la cour" où il lui faut tenir son rang. "Mère de son peuple", elle est aussi son intercesseur auprès du roi, comme la Vierge, reine du Ciel, auprès du Christ. "Dame de paix", elle obtient même parfois des trêves entre les princes de la guerre de Cent Ans.

Jeanne d’Évreux, Jeanne de Bourgogne, Jeanne de Bourbon, Marie d’Anjou, Charlotte de Savoie… Autant de personnages, certes seconds mais dont la place réelle ou symbolique est réévaluée dans ce livre novateur, clair et accessible.

Le prix sera remis à l’auteur le 23 septembre, au musée de Cluny. Une mention spéciale sera aussi décernée à Claude Andrault-Schmitt, directrice des "études croisées" sur La cathédrale Saint-Pierre de Poitiers (Geste éditions).


 

 

Mai 2014

Prix : la sélection 2014

Quatre ouvrages sont soumis au jury du prix de La Dame à la licorne, qui sera remis à l’automne 2014 :

· La Construction en pan de bois au Moyen Âge et à la Renaissance, sous la direction de Clément Alix et Frédéric Épaud, Presses universitaires François-Rabelais de Tours et Presses universitaires de Rennes, 2013

· La Cathédrale Saint-Pierre de Poitiers : enquêtes croisées, sous la direction de Claude Andrault-Schmitt, Niort, Geste éditions, 2013

· La Reine au Moyen Âge, le pouvoir au féminin (XIVe-XVesiècle), Murielle Gaude-Ferragu, Paris, Tallandier, 2014

· La Folie dans la littérature médiévale. Étude des représentations de la folie dans la littérature des XIIe, XIIIe et XIVe siècles, Huguette Legros, Presses universitaires de Rennes, 2013.


 

Mars 2014

Nouvelle étape pour Cluny 4

Cinq équipes d’architectes ont été invitées à concourir pour la création du nouvel espace d’accueil au musée de Cluny :
· Bernard Desmoulin
· K-architectures
· Architectures Adelfo Scaranello
· Francisco J. Mangado y asociados
· Agence d’architecture Philippe Prost.

Ces professionnels ont été sélectionnés parmi 95 candidats le 17 mars 2014, par un jury où figuraient des représentants du ministère de la culture et de la ville de Paris, et des personnalités qualifiées.

Les cinq agences retenues sont appelées à déposer un projet. Le jury désignera le lauréat en juillet 2014.


 

Octobre 2013

Cluny 4 : c'est parti !

Réunie le 9 octobre 2013, l'assemblée générale de la société des Amis du musée de Cluny a été l'occasion d'apprendre une excellente nouvelle : le projet d'extension et de réaménagement du musée, dit "Cluny 4", est désormais inscrit parmi les priorités du ministère de la Culture.

Espérée depuis longtemps, l'opération inclut la construction d'un nouveau bâtiment de deux étages sur la terrasse longeant la rue Du Sommerard (devant une façade des années 1870).

De quoi :
· offrir au musée une entrée moins discrète, proche du boulevard Saint-Michel
· améliorer l'accueil du public et rendre 80 % du musée accessible aux personnes à mobilité réduite
· permettre une présentation chronologique plus lisible des œuvres et proposer plusieurs circuits de visite
· mieux respecter et valoriser les bâtiments des thermes et de l'hôtel de Cluny.

Le projet de construction est chiffré à 7 millions d'euros. Le calendrier prévoit un concours de maîtrise d'œuvre à la fin 2013, la désignation du lauréat à la mi-2014, le démarrage du chantier début 2015, pour une ouverture espérée à la fin 2016.


 

Un conseil renouvelé d'un tiers

L'AG 2013 a par ailleurs fait le point sur la vie de l'association et constaté sa bonne santé, avec une progression continue des effectifs : au 1er octobre 2013, la société comptait 791 membres à jour de leur cotisation.

Elle a également été l'occasion d'élire le nouveau conseil, qui est renouvelé d'un tiers, avec le départ de six administrateurs et l'arrivée de cinq nouvelles personnalités : Gilles Benoist, Jean-Patrice Boudet, Claude Gauvart, Marc Lelandais et Martine Tridde-Mazloum.

> Composition du conseil au complet et du bureau


 

Le prix de la Dame à la licorne attribué à Léonard Dauphant

Le jury du prix de la Dame à la licorne a distingué cette année Le Royaume des quatre rivières, sous-titré L'espace politique français (1380-1515), édité chez Champ Vallon.

Quelle vision les rois Charles VI à Louis XII pouvaient-ils avoir du territoire où s'exerçait leur souveraineté ? En cette fin du Moyen Âge où émerge la "nation France", les limites du royaume sont encore celles du traité de Verdun de 843, dessinées par l'Escaut, la Meuse, la Saône et le Rhône. Dans ce losange, on compte souvent les surfaces en jours de labour et les distances en journées de voyage, les unités de mesure variant selon les provinces. La vie s'organise en paroisses et diocèses, en même temps qu'en seigneuries et baillages…

Mêlant histoire générale et exemples locaux (Champagne, Barrois, Bourgogne…), appuyé sur une cinquantaine de cartes originales, l'essai de "géohistoire politique" de Léonard Dauphant est un peu ardu mais novateur.

Décerné par les Amis du musée de Cluny, le prix, dont c'est la septième édition, a été remis à l'auteur le 15 octobre 2013, au musée.


 

 

Avril 2013

Une belle Nativité avignonnaise des années 1380

Le musée de Cluny a pu préempter, le 25 mars dernier, lors d'une vente publique à Coutances, un feuillet manuscrit sur parchemin, page de l'office de Noël d'un missel à l'usage de Rome. Son décor comporte une lettrine où se love une belle scène de Nativité. Deux petits personnages pris dans les entrelacs du bas de la page figurent en outre une Annonce aux bergers.

Pour le grand spécialiste des manuscrits qu'est François Avril, la localisation de ce travail "beau et important" ne laisse "pas le moindre doute" : il s'agit d'une production avignonnaise de la fin du XIVe siècle. L'ouvrage a vraisemblablement été réalisé pour un membre de la curie pontificale alors installée sur les bords du Rhône.

Ce feuillet témoigne d'un moment important de l'histoire d'Avignon. Cette petite ville épiscopale ne s'était pas distinguée par une activité particulière jusqu'à l'arrivée du pape en 1309. Mais bientôt l'installation de la cour pontificale y stimulera la production artistique dans tous les domaines, en particulier dans celui des manuscrits. D'autres œuvres du musée témoignent déjà de cet essor, telle la fameuse Rose d'or. Ce feuillet vient également enrichir une collection de manuscrits à peintures déjà bien fournie.

La société des Amis du musée de Cluny a décidé de financer l'achat de cette œuvre.


 

Octobre 2012

Deux ouvrages récompensés

Décerné par la société des Amis du musée de Cluny, le prix de la Dame à la licorne, remis le 17 octobre, distingue cette année deux ouvrages.

Miniatures flamandes, 1404-1482, le catalogue de l'exposition présentée au printemps dernier à la BnF, dirigé par Thierry Delcourt (†) et Bernard Bousmanne, avec la collaboration de Ilona Hans-Collas, Pascal Schandel, Céline Van Hoorebeeck et Michel Verweij, co-édité par la Bibliothèque nationale de France et la Bibliothèque royale de Belgique.

L'Assassinat de Charles le Bon, comte de Flandre, 2 mars 1127, de Laurent Feller, paru chez Perrin.


 

© Tajan

Juin 2012

Deux cartes à jouer

Le 19 juin 2012, la société des Amis du musée de Cluny a acquis en vente publique deux cartes à jouer : un roi de carreau et un neuf de pique.
Par leur format (10 x 7 cm), le type de papier, de gravure, de couleurs au pochoir, elles sont datables des premières décennies du XVIe siècle et pourraient provenir d'un centre de production comme Lyon.
Le roi de carreau présente la figure inédite d'un roi David au large manteau, muni d'une hallebarde mais sans sa harpe habituelle. Le style gracieux et élégant est servi par une gravure de qualité. Quant aux cartes de points, elles ne sont pas courantes. Hormis une tache d'humidité sur le neuf de pique, les deux pièces sont dans un assez bon état de conservation. Elles vont compléter les collections du musée qui détenait jusqu'à présent de nombreuses pièces de jeux mais pas de carte à jouer.


 

Un textile aux licornes

C'est aussi grâce au financement apporté par la société des Amis que le musée de Cluny a pu préempter en vente publique, le 15 juin 2012, un fragment de tissu de lin et coton (50 x 76 cm) orné d'un motif très stylisé de licornes affrontées de part et d'autre d'un arbre de vie ; entre leurs pattes est logé un oiseau.
Ce textile – à fond blanc et au décor teinté bleu indigo – est typique d'un ensemble appelé "serviettes (ou nappes) de Pérouse" parce qu'il a d'abord été fabriqué en Ombrie et en Toscane à partir du XIVe siècle, avant de se répandre dans toute l'Italie et au-delà, jusqu'en Rhénanie. Ces "serviettes" servaient aussi bien de linge de table ou de toilette que de nappes d'autel, comme en témoignent de nombreuses peintures du XIVe au XVIe siècle.
Le musée de Cluny possédait déjà une serviette de Pérouse complète, depuis un achat des Amis en 2005. Ce second fragment l'intéressait pour son iconographie, rare sur ce type de production, la créature fantastique de la licorne étant également emblématique du musée.


 

Février 2012

Un dessin d'architecture

Le 1er février 2012, un dessin de la porte maçonnée et menuisée de l'hôtel de Cluny est venu enrichir le fonds documentaire du musée, grâce à une acquisition de la société des Amis.
Cette planche de papier (98 cm x 66,5 cm) provient de la dispersion en vente publique d'une partie du fonds d'atelier indifférencié de deux architectes : Joseph Graf (1869-1934) et son fils Lucien (1900-1987). L'œuvre ressemble à un exercice d'étudiant d'une école d'art, plutôt attribuable au second, qui fut élève de l'École des Beaux Arts du quai Malaquais. Dans ce cas, elle daterait du début des années 1920.
Le relevé précis, au crayon aquarellé et gouaché, titré "Hôtel de Cluny", représente la petite porte avec guichet donnant sur la rue Du Sommerard. Celle-ci est colorée d'ocre rouge légèrement rosi par le soleil et surmontée d'un feuillage de lierre tombant du crénelage du mur. Des détails sont également figurés à mi-grandeur : à gauche, un culot de l'arc avec les profils de la modénature, en bas, les pièces de serrurerie. Ces éléments sont toujours en place… sauf le lierre.


 

Décembre 2011

Une pièce d'échecs en forme d'évêque

La société des Amis du musée de Cluny a acquis, en vente publique à Paris le 16 novembre, une figurine en ivoire de morse de la collection Marquet de Vasselot.
Cette pièce d'échecs a retenu l'intérêt des conservateurs par son type, son style et son ancienneté.
La figure (usée) est celle d'un évêque, ancêtre du fou… et descendant de l'éléphant indo-persan, transformé au passage par l'aniconisme arabe. Le jeu d'échecs, en effet, vient d'Orient et a été importé en Europe occidentale aux IXe et Xe siècles.
Son style ? La représentation frontale du personnage est directement inspirée des sceaux épiscopaux et diffère nettement de celle des évêques de Lewis (Scandinavie, seconde moitié du XIIe siècle), les plus anciennes pièces de ce type connues à ce jour.
Sa datation ? La mitre aux cornes aplaties pousse à faire remonter l'objet à la première moitié du XIIe siècle.
Nord de la France ? Angleterre ? Vallée de la Meuse ou du Rhin ? Notre évêque semble en tout cas provenir du nord-ouest de l'Europe.


 

 

Octobre 2011

Un nouveau nom

Exit l'ARMMA. Bonjour la Société des Amis du musée de Cluny ! Réunie le 19 octobre 2011, l'assemblée générale de l'Association pour le rayonnement du musée national du Moyen Âge (ARMMA) a approuvé le changement de nom proposé par son conseil d'administration. Une forte motivation à cela : le retour du musée lui-même au nom patrimonial de "musée de Cluny", plus bref, plus connu et d'un usage plus répandu que l'appellation officielle de "musée national du Moyen Âge - thermes et hôtel de Cluny" adoptée un moment par l'administration.
Sous leur nouveau nom, plus transparent, les Amis du musée de Cluny – 632 membres à jour de leur cotisation le 30 septembre 2011 – poursuivent leur action dans le chemin tracé depuis la création de l'association en 1992.


 

 

Septembre 2011

Dans la Rome médiévale

Le prix de la Dame à la licorne distingue cette année le livre de Jean-Claude Maire Vigueur : "L'autre Rome. Une histoire des Romains à l'époque communale
(XIIe-XIVe siècle)", édité chez Tallandier.

L'auteur, spécialiste des cités-États italiennes, y dresse, siècle après siècle, un tableau de la Rome médiévale, où se côtoient barons et chefs du popolo, propriétaires terriens et journaliers, marchands et banquiers, cardinaux et artistes. Il fait revivre les marchés, les chantiers et surtout la vie politique avec ses intrigues et ses coups d'État.
À l'encontre de l'image "répulsive" longtemps donnée d'une ville "à l'abandon", entre la grandeur de la Rome antique et les fastes de l'âge baroque, l'ouvrage montre que la commune médiévale a su s'affirmer comme entité vivante et indépendante de la papauté, avec des formes de gouvernement étonnamment adaptables. Aucun doute pour l'auteur : Rome mérite d'être considérée à l'égale des plus grandes cités de l'Italie communale du Nord et du Centre.

Décerné par les Amis du musée, le prix de la Dame à la licorne est remis le 5 octobre 2011, au musée de Cluny.


 

Juin 2011

Une statue de la fin du XIIIe siècle

Le musée de Cluny a préempté, le 8 juin 2011 lors d'une vente publique à l'hôtel Drouot, une sculpture, mutilée mais de belle qualité et inédite, que les Amis du musée ont pu lui offrir. Il s'agit d'une statue en pierre calcaire de 84 cm de hauteur, à laquelle manquent la tête et les mains. Le personnage masculin porte, au-dessus d'une longue cotte, un surcot boutonné à l'épaule gauche et retombant en rouleau sous le bras droit.

Par sa posture et le style du drapé, cette figure, sans doute francilienne, est datable du troisième tiers du XIIIe siècle. L'œuvre va maintenant être étudiée, nettoyée et consolidée. Elle devrait être présentée au musée à la fin de l'année.


 

 
Élément du portail occidental de Saint-Gervais-Saint-Protais, Paris,
vers 1260-1270.

Janvier 2011

Les salles gothiques complétées

Vingt et une œuvres restaurées à l'occasion de l'exposition "Paris, ville rayonnante", tenue au printemps 2010, ont désormais trouvé une place permanente parmi les chefs-d'œuvre du XIIIe siècle présentés dans deux salles du musée.

Huit éléments provenant de la Sainte-Chapelle de Paris – des meneaux, des fragments de rose, de main courante et de balustrade – ont rejoint, dans la salle 11, les statues d'apôtres de ce prestigieux édifice, construit entre 1246 et 1248.

Treize autres pièces délicatement sculptées ont été installées dans la salle 12 : des chapiteaux de Saint-Jean-de-Latran (premier quart du XIIIe siècle) et de la cathédrale Notre-Dame de Chartres (v. 1230), une gargouille de Saint-Martin-des-Champs (v. 1240), une console des ailes du cloître de Saint-Denis (v. 1250-1260), des éléments du portail de Saint-Gervais-Saint-Protais (v. 1260-1270), un masque feuillu parisien (1280-1290).

Ces deux salles étant incontournables dans le circuit des visiteurs, les travaux ont été réalisés de mardi en mardi, jour de fermeture du musée, entre novembre 2010 et janvier 2011. Ils ont aussi permis d'améliorer l'éclairage des œuvres et l'information du public. Les Amis du musée ont financé les trois quarts du chantier.


 

 

À l'occasion de la remise du prix, Patrick Boucheron a prononcé un brillant discours rappelant le propos et l'ambition de l'ouvrage.

 
 

Septembre 2010

Le Prix de la Dame à la licorne 2010 distingue l' "Histoire du monde au XVe siècle"

Remis le 28 septembre 2010 au musée de Cluny, le Prix de la Dame à la licorne a couronné un ambitieux ouvrage collectif, l'Histoire du monde au XVe siècle.

Dirigé par Patrick Boucheron, coordonné par Julien Loiseau, Pierre Monnet et Yann Potin, ce travail réunit une soixantaine de spécialistes d'aires culturelles très rarement confrontées les unes aux autres, et c'est l'un de ses grands intérêts. Il ambitionne en effet de dépasser la vision européano-centrée habituelle, pour embrasser les quatre continents en relation à cette époque de la fin du Moyen Âge. Une époque analysée comme celle d'une première mondialisation, dont les voies n'avaient rien d'inéluctable.

Son atlas politique présente donc la Chine des premiers Ming aussi bien que les derniers empires autochtones d'Amérique ou les royaumes africains. L'ouvrage détaille aussi des événements significatifs, tels la mort de Tamerlan (1405), le sac d'Angkor et la chute de la puissance khmère (1431), la consécration de la coupole de Brunelleschi à Florence (1436), la chute de Constantinople (1453) ou le traité de Tordesillas (1494).

L'ouvrage ouvre ensuite une "librairie" du XVe siècle, où voisinent le Livre de Babur, le Journal de bord de Christophe Colomb ou Le Prince de Machiavel, avant de conclure sur quelques grandes questions historiques, en particulier celles nées du voyage, de la connexion, de l'échange généralisé entre hommes et entre cultures qui s'opère au XVe siècle.

Avec ce volume, le jury a aussi voulu saluer une contribution très "française" – dans l'héritage de l'Ecole des Annales – à une histoire de la globalisation jusque-là étudiée presque uniquement par les Anglo-Saxons.

Edition Fayard - Novembre 2009 - 896 pages - 85 €


 

 

Juin 2010

Un feuillet enluminé pour le musée

Les Amis du musée ont acquis, à la fin juin 2010 chez un antiquaire londonien, un feuillet enluminé d'une Nativité en présence de sainte Cécile, des années 1460-1470.

Ce feuillet isolé (29,5 cm x 21,6 cm), qui comporte aussi 38 lignes de texte sur le verso, est extrait d'un volume des Méditations sur la Vie du Christ attribué à Bonaventure, traduit par Jean de Galopes. Il témoigne d'une forme particulière d'oraison coutumière en milieu monacal, liant lecture à haute voix et "rumination méditative", qui se répand parmi les laïcs à la fin du Moyen Age.

L'écu placé dans la marge inférieure révèle que le commanditaire de l'ouvrage est un membre de la famille de Chabannes, entrée en possession du fief de Madic, dans le Cantal, en 1453. Ce pourrait être Gilbert de Chabannes, mort en 1493.

La vignette, entourée de larges marges à décor de rinceaux et de fleurs, présente un réel intérêt artistique. Par sa manière un peu sèche et son coloris brillant et contrasté, elle renvoie, selon le grand spécialiste des manuscrits François Avril, à la production de peintres de la France du Centre-Ouest de cette époque, tels Robinet Testard ou le Maître du psautier de Jeanne de Laval.
Ce feuillet complète désormais la collection de peintures sur parchemin du musée de Cluny.


 

 

Octobre 2009

Saladin couronné

Remis le 14 octobre 2009, le Prix de la Dame à la licorne a distingué l'ouvrage d'Anne-Marie Eddé consacré à Saladin.

Salah al-Dîn (1137-1193) est une figure mythique dans le monde arabo-musulman. Ce sultan d'origine kurde, fils d'un simple gouverneur de province devenu le maître d'un immense empire, y est célébré pour avoir fait reculer les croisés, libéré Jérusalem et unifié une grande partie du monde musulman. Mais il inspira aussi le respect, presque l'admiration, de ses adversaires pour son esprit chevaleresque, ses qualités d'homme éclairé et tolérant.

Anne-Marie Eddé, directrice de recherche au CNRS, montre ce que cette double réputation doit à l'incontestable habileté militaire et politique du personnage, mais aussi au soin que ses proches et lui-même eurent de sa "communication". Dans le souci d'asseoir sa légitimité, la propagande de ce guerrier infatigable, champion de l'islam, s'employa à le présenter comme le souverain idéal. Avec un succès qui se poursuit de nos jours, dans le monde arabo-musulman comme en Occident.

En faisant la part de la légende et de la réalité, l'historienne spécialiste du Moyen Âge arabe fait revivre l'homme, son réseau familial, sa conception de la guerre, de la religion, du pouvoir – il sut construire un empire mais pas un État – et rend accessibles le monde et l'époque agités qui furent les siens.

Éditions Flammarion - Octobre 2008 - 761 pages - 26 €


 

 

Décembre 2008

Le frigidarium en 1845

Pour enrichir la documentation du musée sur son histoire et ses collections, les Amis du musée ont acheté un tableau de Pierre-Achille Poirot (27 x 33 cm) intitulé "Vue de la grande salle du palais des thermes de Julien, à Paris, servant actuellement de musée pour les monuments du Moyen Age" .

Datée de 1845, cette huile sur papier montre le frigidarium un an seulement après son ouverture au public.
L’endroit est consacré à la sculpture. Sous la spectaculaire voûte d’arête, haute de 14 m, on reconnaît des oeuvres antiques qui y sont toujours présentées aujourd’hui, comme le pilier des Nautes et le pilier de Saint-Landry. Elles voisinent alors avec des chapiteaux romans posés à même le sol et avec les statues d’apôtres acéphales de Notre-Dame de Paris, retrouvées en 1839.

P.A. Poirot (1797-1855), surtout connu comme peintre de monuments italiens, a également réalisé en 1850 deux vues extérieures de l’hôtel de Cluny.


 

 

Octobre 2008

L'histoire totale d'un fleuve

Pour sa deuxième édition, le Prix de la Dame à la licorne, décerné par les Amis du musée de Cluny, est allé à Jacques Rossiaud, professeur émérite d’histoire médiévale à l’université Lumière Lyon II, pour son ouvrage publié aux éditions Aubier : "Le Rhône au Moyen Age".

S’étirant sur 850 kilomètres depuis les glaciers alpins jusqu’à la mer, le quatrième plus long fleuve d’Europe trace aussi la frontière entre le Royaume de France et l’Empire. Ligne de confluence des richesses, des hommes, des idées et des rêves, le Rhône est "un espace de passages, de déplacements, de contacts, de rencontres fécondes et d’histoire triomphante".
L’auteur retrace les passages des convois de vin, de sel, de bois et leur évolution à travers les siècles. Il fait revivre les hommes et les femmes du fleuve, conte les traditions et les croyances. Pour le médiéviste Jean-Claude Schmitt, "ce livre combine avec brio tous les genres et toutes les questions historiques : c’est un exemple rare d’histoire totale."

Editions Aubier, 653 pages, 24 cartes, 29 €


 

 

Janvier 2008

Un ivoire des années 1300

Un exceptionnel coffret en ivoire, représentatif de la production parisienne des années 1300, est entré dans les collections du musée de Cluny.

L’œuvre a été acquise, grâce à l’entremise des Amis du musée, par Groupama. Le deuxième assureur français a fait jouer une disposition de la loi du 1er août 2003 relative au mécénat, qui permet de déduire de l’impôt sur les sociétés 90% du montant de l’achat d’un bien culturel reconnu d’intérêt patrimonial majeur.

Le coffret est remarquable à la fois par sa grande taille (23 cm x 17 x 10), par la qualité de son exécution et par son iconographie. Les cinq plaques en ivoire d’éléphant sont sculptées de scènes inspirées de romans courtois tels l’Assaut du château d’amour sur le couvercle, l’histoire de Tristan et Yseult ou des épisodes de la Quête du Graal sur les côtés.

Le style de l’ouvrage, le détail des drapés, la position des jambes de plusieurs personnages, la finesse de certains visages permettent de situer la réalisation dans la décennie 1300, soit un peu plus tôt que pour les rares pièces comparables parvenues jusqu’à nous et qui sont conservées à Cracovie (trésor de la cathédrale), Florence (Bargelllo), Londres (British Museum et Victoria & Albert), New York (Metropolitan) et Baltimore (Walters Art Gallery). D’autres musées conservent des plaques isolées.